Gouvernement Tshibala : ce qui s’est passé dans la composition de l’équipe

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L’opinion a suivi en ce mardi 09 Mai 2017 la publication à la chaine nationale de l’équipe gouvernementale qui a été concoctée par le Premier ministre nommé par le chef de l’état depuis plus de 30 jours. Cette équipe gouvernementale a la particularité de violer l’esprit et la lettre des accords politiques signés le 31 décembre 2016 au centre interdiocésain de Kinshasa, sous les hospices de la Conférence nationale épiscopale du Congo (CENCO).

L’équipe de Tshibala comporte 59 membres au moment où les accords parlent de 54 membres au total. Et dans la répartition des postes selon les composantes, les choses semblent avoir réellement échappé au contrôle de Bruno Tshibala dont la composante Rassemblement se retrouve avec des miettes au moment où la Majorité reste dans les limites de ses avoirs d’il y a des décennies.

Comment en-est-on arrivé là ?

Le feuilleton de ce gouvernement commence en début Avril quand le Président Joseph Kabila reçoit Bruno Tshibala et son groupe de frondeurs du Rassop dont Olenghankoy et Roger Lumbala. Tshibala aurait donné des garanties au Chef de l’état sur sa capacité à débaucher quelques grandes têtes du rassemblement pour la formation de son gouvernement.

Cette démarche sera sans succès au fil des jours, au point que l’équipe de Tshibala va penser que toute opinion indépendante au sein du Rassop pouvait amener à faire réussir cette lourde mission. L’opinion se rappelle des yeux doux faits à Freddy Matungulu, à Dhely Sessanga ou encore à Dany Banza qui, malgré sa prise de parole il y a peu, a réservé une suite de non-recevoir aux avances de Tshibala, en clamant haut et fort son appartenance au G7 et au Rassop.

L’autre bocage est venu de Valentin Mubake, ancien de l’UDPS mais ayant pris langue avec le Chef de l’état avant la nomination de Bruno Tshibala. Il a refusé de participer à ce gouvernement, estimant qu’il ne respectait pas la mémoire et le testament de son père politique en la personne d’Etienne Tshisekedi. Il a d’ailleurs déclaré que la formation du gouvernement se faisait « couteau à la gorge ».

Dans cette impasse, Tshibala n’a pas su répondre aux attentes du Chef de l’état. Mais il fallait tout de même avancer vu que le temps n’était plus son allié.

Tshibala aurait tenté de changer quelques personnes au sein du Gouvernement Badibanga, mais sera butté à un refus catégorique de la part des membres de la MP. Ceux-ci, notamment les frondeurs des partis qui sont à l’opposition n’ont pas accepté d’être bougés avant d’avoir suffisamment bénéficié des grâces qu’apporte le pouvoir. En plus, la MP a refusé par la même occasion la présence de certaines têtes du Rassop Olenghankoy dans l’équipe de Tshibala.

Devant cette attente sans fin, Bruno était obligé de sortir, bien que sans conviction, l’équipe qui devra l’accompagner dans son travail.

D’aucuns estiment que Bruno Tshibala ne mettrait pas longtemps à la primature. Son gouvernement n’ayant pas obtenu le consensus voulu et violant de manière flagrante l’accord qui l’institue, il sera obligé de céder place pour incompétence dans la formation de cette équipe.

Félix Tshisekedi viendra-t-il officialiser le glissement ?

Face à cette situation de cacophonie à la tête du pays, les opinions vont dans tous les sens pour analyser une situation de peu difficile à gérer.

Depuis la signature de l’accord de la Saint Sylvestre qui accorde 12 mois au gouvernement pour organiser les élections, près de 5 mois se sont écoulés, avec à la clé deux gouvernements très contestés. Tout porte à croire qu’un troisième gouvernement n’est pas loin d’arriver, et pourrait être cette fois-là, avec Félix Tshisekedi comme premier ministre.

Mais la question est de savoir, même avec tous les moyens du monde, va-t-il tenir les objectifs assignés dans l’accord, notamment l’organisation des élections en 2017 ?

La démarche est toute tracée et ce n’est un secret pour personne qu’en le nommant, le temps sera suffisamment consommé pour que les élections ne soient possibles qu’en 2018. Donc cette mission de convaincre le peuple risque d’être confiée à celui qui semble porter la confiance des Congolais. L’avenir risque d’être assez compliqué pour la RDC et ceci rappelle la période entre 1990 et 1995, un moment où le Zaïre a connu le plus grand nombre de premiers ministres de son histoire.

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