Bukavu : une conférence universitaire pour décrypter les maux du pays.

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C’est sous le grand thème « la responsabilité sociale des universitaires face au péril de la nation » que 2 grandes université de Bukavu ont ont organisé une conférence universitaire le vendredi 09 mars dernier.

Cette conférence universitaire a éclaté en six sous thèmes, d’abord ; « Intellectuels congolais, mission et devoir dans une société en crise » par le Dr Dénis MUKUEGE ; puis, « le Congo dans ma tourmente vingt ans après Mobutu » .  « Des élites insensibles à la détresse de leurs concitoyens » par Alphonse MAINDO ; « Impératifs de conversion démocratique et de convergence constitutionnelle » par Jacques DJOLI, mais aussi, « Université et société, quelles perspectives pour la République démocratique du Congo » par Kennedy KIHANGI ; en suite « L’impasse électorale en RDC, leçons de la cour africaine des droits de l’homme et des peuples » par Arnold NYALUMA. Et en fin,  la responsabilité sociale de l’universitaire dans une nation en péril et la contribution des intellectuels à l’établissement des régimes autoritaires en Afrique, la République démocratique du Congo en question » par le professeur André Mbata.

D’entrée de jeu, le prof Alphonse a dans son intervention, dressé un état des lieux de la situation du pays tout en évoquant les fléaux qui le minent. Il a parlé des mécanismes utilisés par le régime pour asseoir son pouvoir, selon lui, presqu’en décadence. Décriant le débauchage des élites, l’orateur est allé jusqu’à proposer un gouvernement pastoral inspiré des théories de Michel Foucault, c’est à dire ; un gouvernement qui fait de sa population des citoyens et non plus des sujets.

Pour sa part, le prof Jacques Djoli a révélé que la RDC est au cœur de l’illusion démocratique, il a fustigé le fait que malgré plusieurs instruments ou textes juridiques sur l’institutionnalisation de la démocratie au niveau continental, l’Afrique n’a pas trop évolué dans ce domaine. Il a ainsi terrassé un fossé existant entre ce schéma démocratique et les pratiques vécues, notamment en RDC. La lettre tue, l’esprit vivifie, cette phrase chère aux théologiens a permis à l’intervenant de rappeler que la démocratie était une question spirituelle, une question de foi et que les textes sans l’accord ou la conformité des hommes ne suffisaient pas.

Selon le prof NDJOLI, l’UA n’a pas cessé d’être un cadre de production des dictateurs avant de rappeler aux juristes que le droit est une construction de la pensée et que derrière les textes, il y a des valeurs, a-t-il poursuivi.

De son côté, le prof André MBATA défini l’intellectuel comme celui qui sait utiliser son savoir au service de la société. Un intellectuel a-t-il dit, doit être capable de désigner le coupable. Chemin faisant, André MBATA ajoute que l’intellectuel doit faire la politique au sens même noble du terme. Voulant clore son propos, il a rappelé cette citation de Franz Fanon « chaque génération doit, dans une opacité relative, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir ».

Il faut noter que cette conférence a été organisée par deux universités réunies à savoir, l’Université catholique de Bukavu et l’Université évangélique (protestante) en Afrique, avec la coopération de la fondation PANZI du Docteur Denis MUKWEGE et l’IDGPA.

Jean-Paul MUBIAYI

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