RDC : Les génies congolais s’expriment sur la construction navale au Kivu

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Chantier naval de l'Etablissement SILIMU à Goma. © Photo : Djaffar AL KATANTY

Depuis plusieurs décennies, les navires que les colons belges avaient laissés sur le lac Kivu à l’Est de la RDC ne flottent plus. Et depuis, plusieurs navires des fabrications congolaises ont vu le jour. Ces bateaux sont construits au Congo, soit à Goma ou à Bukavu, les 2 grandes villes sur les rives du lac Kivu.

Une entreprise de voyage et construction navale a montré le génie congolais dans la construction des navires de fortune. L’établissement SILIMU construit des bateaux de grandes dimensions qui naviguent sur le Kivu sans danger depuis plus des dix ans maintenant.

Après la faillite de la SNCC (société nationale des chemins de fer du Congo) qui avait le monopole sur le transport lacustre sur le lac Kivu, les congolais ont commencé à leur tour à faire le transport lacustre reliant les provinces du Nord et Sud-kivu par les ports de Goma et Bukavu en utilisant des vielles coques que les colons belges avaient laissé sur le lac. Mais depuis 1979, quelques congolais ont commencé à s’exercer dans la construction navale par intuition et sans aucune formation. Parmi eux figurait monsieur SEMANYENZI MUNYUNZANGABO Emmanuel dont les héritiers ont créé un établissement d’armature et construction navale appelé établissement SILIMU.

Le chantier naval de l’établissement SILIMU à Goma où est en construction le bateau Emmanuel 4 qui, sera dès son lancement sur le lac, le plus grand bateau flottant sur le Kivu avec 58 mètres de longueur hors tout et 12 mètres de largeur. Bien que les matériels de constructions soient importés d’Europe et d’Asie, la main d’œuvre est 100% congolaise ; des ingénieurs aux ouvriers soudeurs et ajusteurs, en passant par les mécaniciens, ce sont des citoyens congolais formés au Congo par des congolais. Ce chantier est supervisé par le contremaitre PONYO BARUTI qui dirige les travaux conçus par l’ingénieur MAKYAMBE.

Satisfait de leurs réalisations, Ponyo Baruti se tape la poitrine « Du sommet à la base, tout le mondes ici est congolais et les idées sont congolaises. Je n’ai jamais été en Europe pour m’inspirer des européens. C’est un succès, un très grand soulagement, parce que depuis toutes ces années on n’a pas encore connu d’échecs. Tous les bateaux qui sont ici, tous les bateaux de SILIMU, sont fabriqués par des congolais, construits par des congolais, soudé par les congolais et conduit par des congolais ».

Pour construire un bateau de cette taille, il faut compter 2 millions de dollars américains et près d’une année de travail.

Comme les 2 provinces du Kivu vivent en interdépendance, et la route les reliant est dangereuse vue sont sont état de délabrement et les risques liés à l’insécurité, des centaines de tonnes des vivres et non vivres quittent chaque jour le port Goma à destination de Bukavu et vice versa. Chaque jour 2 bateaux SILIMU quittent Goma pour Bukavu et 2 autres quittent Bukavu pour Goma transportant ainsi pas moins de 1500 passagers par jours.

Avec ses bateaux faits maison dont 6 dans le lac Kivu et un bateau cargo dans le Tanganyika, SILIMU est un de grands générateurs des recettes et grands promoteurs de l’économie dans l’Est de la RDC. Cet établissement emploie à son sein 1 200 personnes au Nord et Sud-Kivu, il est donc sur le plan social, un créateur d’emploie; et consomme près de 60 000 litres de carburant par mois pour ses bateaux et autres engins roulants.

Bateau Emmanuel 3 au port Emmanuel de Bukavu © Photo : Djaffar AL KATANTY

Malgré tous les efforts fournis, l’établissement critique la relation avec l’état congolais dont il accuse de surtaxassions et tracasserie des agents.

« C’est une fierté d’avoir utilisé la main d’œuvre locale, de lutte contre le chaumage, vous savez qu’ici (Congo) il y beaucoup de chaumage » se réjouit Siméon LIMANZI MUNYAZANGABO, directeur général des établissements SILIMU, avant d’expliquer : « En fait nous travaillons dans des conditions difficiles sans financement, on aimerait avoir un financement. A l’État nous demandons à ce qu’il assainisse le climat des affaires parce qu’aujourd’hui dans le port il y a beaucoup des tracasseries, des surtaxassions et consort. Cela ne facilite pas le travail, nous travaillons difficilement et parfois même en perte »

Norbert RUGUSHA ZIHALIRWA, est le commissaire lacustre au chef de port, c’est lui qui est chargé de contrôler toutes les activités sur le lac Kivu et livrer l’autorisation de navigation pour les bateaux en construction après avoir examiner le projet de l’armateur, et le dossier du constructeur. Pour lui, Tous les Navires flottant sur le Kivu sont dignes de confiance et c’est une fierté de constaté que depuis plus de 15 ans , il n’y jamais eu de naufrage d’un navire de fabrication congolaise sur le lac kivu.

La populations de ces 2 provinces est satisfaite et loue le génie de cette entreprise qui a su montrer un grand exemple dans le développement et l’innovation, malgré tous les maux que l’Est de la RDC a connu depuis ses 20 dernières années.

Djaffar AL KATANTY

 

 

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