Après l’adoption en première lecture de la proposition de loi organique sur la CENI à l’Assemblée Nationale, une frange des acteurs de la société civile et politiques, ont réagi en rejettant cette proposition de loi telle que votée par l’Assemblée Nationale sous prétexte qu’elle violerait le caractère apolitique du bureau de la CENI, selon l’esprit et la lettre de la proposition initiale déposée par le député national Christophe Lutundula, devenu aujourd’hui Vice-Premier ministre en charge des affaires étrangères.

Pour dissiper tout malentendu sur cette question, les membres de la commission Politique et Administrative de l’Assemblée Nationale étaient face à la presse ce Vendredi 11 juin 2021 à Kinshasa.

Répondant particulièrement à Lamuka aile Fayulu qui s’indigne du fait que ses propositions sur la réforme de la CENI n’ont pas été prises en compte, le député national et constitutionnaliste André Mbata ne va pas par quatre chemins pour réagir.

” Fayulu et son aile de Lamuka n’ont soumis aucun amendement à la commission PAJ ” a t-il dit lors de ce point de presse.

Et de poursuivre :

” Au sujet de Lamuka, il y a un problème. Le MLC est aussi de Lamuka, Ensemble fait aussi partie de Lamuka. Je ne sais pas de quel Lamuka vous parlez, parce que nous constatons que le MLC a fait des propositions, elles ont été prises en compte. Ensemble aussi fait partie de Lamuka, ils ont fait des propositions. De l’autre Lamuka, nous n’avons pas reçu d’amendements. Le Président de l’Assemblée Nationale avait accordé 48 heures pour les amendements. Cet autre Lamuka dont vous parlez, elle n’a soumis aucun amendement à la commission PAJ “, a révélé André Mbata.

En sa qualité de Président de la commission PAJ, le professeur André Mbata a souligné par ailleurs que la majorité et l’opposition au parlement sont déterminés à offrir au peuple congolais un processus électoral normal.

“Et la Majorité et l’opposition au niveau de l’assemblée nationale, nous sommes déterminés à avoir un processus électoral libre, transparent, démocratique et apaisé. Nous sommes déterminés à aller aux élections dans le délai constitutionnel”, a-t-il déclaré.

Quant à ceux qui estiment que l’Assemblée Nationale a opéré un coup d’État contre la République en adoptant cette proposition de loi, le Professeur Mbata rassure qu’il n’en est pas le cas.

“l’Assemblée Nationale qui a voté la proposition est une institution de la République. Il ne s’agit donc pas d’un coup d’État contre la République”, a-t-il dit.

Accusé d’avoir ôté de la proposition initiale de Christophe Lutundula son caractère d’apolitisme, André Mbata précise qu’étant une institution d’appui à la démocratie, la CENI ne peut pas être apolitique.

“Lorsque nous parlons de la proposition de loi initiée par l’honorable Lutundula, c’est un membre de l’union sacrée de la Nation. Qu’on se le dise. Donc l’idée au départ est partie de l’union sacrée. C’est nous même qui voulons la réforme. Nous voulons faire promouvoir les choses. Cela doit être claire. Cette proposition de loi vient d’un membre de l’union sacrée de la Nation, d’un parlementaire, et donc d’un politique. Toute institution d’appui à la démocratie est au départ politique. Dans la proposition de loi telle que présentée au départ par Christophe Lutundula, il n’a jamais été question de la dépolitisation. On est conscient qu’une institution d’appui à la démocratie qui est elle même un concept politique par excellence, ne peut pas être apolitique. Dans la proposition de Loi Lutundula on parle bien de 15 membres y compris les composantes politiques. Et donc rien n’a été dénaturé mais plutôt la Commission PAJ a proposé qu’il y ait 6 membres désignés par la Majorité, 4 membres par l’opposition et 5 membres par la Société civile. Et donc l’idée au départ et celle-ci reste la même, c’est que la CENI ne pouvait pas être dépolitisée. La commission a donc innové en remontant le nombre des membres de la Société civile à 5 au lieu de 3 comme avant”, a ajouté le professeur et élu national de l’UDPS, André Mbata.

Pour les membres de la commission PAJ, ceux qui crient aujourd’hui contre la proposition de Loi adoptée à l’Assemblée Nationale doivent éviter le populisme.

“Qu’on cesse de faire du populisme. Nous sommes très avancés, nous avons augmenté les membres de la société civile”, note André Mbata, en insistant : “l’apolitisme de la CENI n’existe pas même dans le texte que nous avons eu à travailler”.

Jean Paul Mubiayi