En séjour à Lubumbashi, Docteur Dénis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, a animé sa deuxième conférence ce mercredi dans la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Celle-ci a tourné autour du thème le viol comme arme de guerre dans la grande salle Monseigneur Tshibangu Tshishiku de l’université de Lubumbashi. Plus de 1.000 participants ont répondu à ces échanges. Il s’agit notamment des diplomates, professeurs d’universités, chercheurs, étudiants, députés provinciaux et membres du gouvernement provincial.

Le Prix Nobel de la Paix 2018 a, dans son exposé parlé des origines du viol et du rejet dont sont souvent victimes les femmes qui violées.

” Lorsqu’on parle du viol, il faut savoir que cela a existé depuis la nuit de temps. C’est un crime qui est souvent invisible parceque les victimes des violences sexuelles ne peuvent pas s’exprimer de peur qu’elles soient sanctionnées pour ma deuxième fois par la communauté. Il s’agit donc d’un crime ignoré et souvent dans les conflits armés, il est considéré comme un dommage collatéral de la guerre” dit-il devant l’assistance dans la salle Tshibangu Tshishiku de l’université de Lubumbashi.

Docteur Dénis Mukwege a également évoqué le phénomène du viol dans l’est de la RDC, principalement le phénomène qu’il a appelé de pathologie, véritable armée de guerre avec extrême violence.

” En République Démocratique du Congo, le viol est utilisé comme une arme de guerre pour des intérêts économiques. Aujourd’hui, ce viol est devenu une pathologie au Sud-Kivu où il est exécuté avec extrême violence, un acte sexuel non consenti”, poursuit-il.

Face aux violences qui se sont accentuées, l’hôpital Panzi dont il est responsable a déjà soigné plus de 70.000 femmes victimes des violences sexuelles avec une prise en charge holistique.

Denis Mukwege a réitéré son plaidoyer d’assainissement du secteur de sécurité au pays surtout dans les zones touchées par les violences sexuelles.

“Notre plaidoyer s’articule autour de la réforme institutionnelle, de l’assainissement du secteur de sécurité. Dans certains villages où nous avons été, nous avons vu le commandant de l’armée ou de la police, c’est le même qui a conduit ou dirigé les miliciens qui ont violé telle femme ou c’est lui-même qui a tué telle personne dans le village et tout le monde le connait comme tel. En fait lorsque quelqu’un a commis de tels actes, sa place n’est pas dans les services de sécurité et il doit également répondre de ses actes”.

Le Prix Nobel de la Paix 2018 a donc plaidé pour la justice en faveur de roues les victimes des violences sexuelles en RDC.

Denis Mukwege est à Lubumbashi et y a animé deux conférences mardi et mercredi. Avec les étudiants en médecine net d’autres chercheurs en santé publique, il a été question de la prise en charge des Fistules Traumatiques Uro-génitales et genito-digestives basses.

Jeff Kalala